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Dès le deuxième trimestre grossesse, votre poitrine se prépare naturellement à l'allaitement. Peut-être même observerez-vous quelques gouttes d'un liquide jaune orangé qui s'écoule de vos seins vers le cinquième mois de grossesse, le colostrum, la nourriture du nourrisson les tout premiers jours.
Environ un mois avant la naissance, vous pouvez masser une à deux fois par jours les bouts de vos seins afin de les rendre moins sensibles et donc, moins sujets aux crevasses. Choisissez une huile de massage ou une crème grasse, mais n'utilisez jamais de préparations à base d'alcool : elles assèchent la peau et risquent de passer dans le colostrum.
Offrez-vous aussi deux soutiens-gorge d'allaitement en fibre naturelle, sans armature, d'une taille de bonnets supérieure à celle que vous preniez au septième mois de grossesse. Vous allez beaucoup les porter, donc faites-vous plaisir choisissez-les pour leur aspect pratique mais aussi esthétique. Et si aucun modèle ne vous plaît, vous pouvez acheter un soutien-gorge à balconnet classique, souvent plus sexy, et qui vous permettra d'allaiter facilement.
Les fuites de lait
Les fuites de lait sont un effet secondaire normal de la grossesse et de la lactation. Cela peut arriver avant, mais le plus souvent après la naissance de votre bébé. Certaines femmes n’ont jamais de fuites de lait. Pour celles à qui cela arrive, l’utilisation de coussinets d’allaitement dans le soutien-gorge vous permettra d’être confortable et de garder vos vêtements secs. Quand votre corps aura trouvé son équilibre pour produire du lait, les fuites disparaîtront progressivement.
Pas besoin de calories en plus
Quelle que soit votre alimentation, votre organisme privilégie la fabrication d'un lait de bonne qualité, quitte à puiser dans ses réserves. Autrement dit, votre lait sera toujours bon pour votre bébé. Mais ce n'est pas une raison pour vous affamer ni pour manger n'importe quoi. C'est vous, en effet, qui feriez vite les frais de ces carences, en manquant d'énergie.
On a longtemps pensé que, lorsqu'on allaitait, il fallait manger davantage. Mais les 500 calories supplémentaires préconisées sont aujourd'hui discutées. La plupart des nutritionnistes s'accordent plutôt à dire qu'il faut manger de tout en quantité raisonnable, en fractionnant le plus possible les repas, en vous offrant, par exemple, une collation après chaque tétée. En conservant ainsi des apports quasi identiques à ceux que vous aviez pendant la grossesse, vous fabriquerez sans problème les 800 ml de lait que votre bébé réclame.
Composition du lait / Couleur / Rythme
Durant les dernières semaines de grossesse, certaines femmes remarquent qu’un peu de colostrum coule de leurs mamelons. Ce premier lait "concentré" a une couleur qui va du liquide de teinte claire à jaune ou orange. Il est normal d’avoir ces écoulements mais cela n’arrive pas à toutes les femmes.
La première semaine après la naissance, souvent le trois ou quatrième jour, votre production de lait augmente. A ce moment-là, les femmes disent qu’elles ont leur "montée de lait". Ce n’est pas tout à fait exact car votre corps fabrique du lait depuis la naissance du bébé. Progressivement, durant les semaines suivantes, votre lait va passer du colostrum au lait de transition puis au lait mature. Le colostrum est le premier lait produit durant la grossesse et facilement disponible les premières 36 à 72 heures après la naissance. Le lait de transition est un mélange de colostrum et de lait mature produit de J3 à J14. Deux semaines après la naissance apparaît le lait mature. Il est plus clair d’aspect que le lait de vache. Il peut sembler légèrement bleuté. Sa couleur varie d’une femme à l’autre et ainsi qu’en fonction de l’alimentation. Tant que vous allaiterez, votre lait changera pour répondre aux besoins du bébé. Par exemple, au début d’une tétée, votre lait est abondant et riche en glucides. Vers la fin de la tétée, vous produisez du lait de fin de tétée, un lait crémeux, riche en graisses et en calories. Il rassasie votre bébé.
Gêne au niveau des seins
Quand votre production augmente, vous pouvez sentir vos seins très pleins. Si vous êtes inconfortable, appliquez une compresse chaude juste avant la tétée pour mettre en route le flux. Faites téter le bébé plus fréquemment pour diminuer l’engorgement. Si votre bébé a du mal à téter quand vos seins sont très pleins, exprimez un peu de lait pour assouplir le mamelon et l’aréole. Cela sera plus facile pour bébé de prendre le sein. Vous pouvez également utiliser des compresses froides sur les seins entre les tétées pour diminuer l’inflammation. Si le bébé tète efficacement, cette plénitude diminuera en 12-48 heures.
Un mois après le début de l’allaitement environ, vos seins vont devenir plus souples. C’est le signe que votre corps s’est adapté à la fabrication de lait.
L'expression manuelle
Il peut être nécessaire de faire plusieurs essais pour apprendre à tirer votre lait à la main. Aussi, entraînez-vous avant de reprendre le travail. Avant de commencer l’expression manuelle, lavez vos mains et prévoyez un récipient propre pour collecter le lait.. Certaines femmes utilisent l’expression manuelle car elles n’ont pas besoin d’un équipement particulier. L’expression manuelle permet de soulager l’engorgement et est très bon marché.
Pour exprimer votre lait, placez vos doigts et votre pouce en forme de C majuscule environ à 2,5 à 5 cm en arrière du mamelon et de l’aréole. Evitez de pincer le sein. Appliquez une pression ferme, poussez vers la cage thoracique. Pour un sein important, soulevez le sein avant d’appuyer.
Roulez le pouce et les doigts vers l’avant pour comprimer et vider les sinus lactifères. Faites attention à ne pas appuyer trop fort sinon vous pourriez meurtrir les tissus du sein. Ne tirez pas sur le mamelon.
Répétez ces gestes pour extraire le lait. Placer, pousser et rouler. Après avoir vidé les canaux lactifères, placez votre main de façon à vider d’autres canaux. Déplacez votre main dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Manquer de lait ?
L’une des inquiétudes les plus fréquemment exprimées par les mères qui allaitent est la crainte de manquer de lait.
Même si une bonne information sur l’allaitement circule plus qu’avant, il n’est pas évident pour une maman bien occupée d’y référer et de garder sa motivation entre les visites de ses proches souvent moins positifs face à l’allaitement.
Comme dans toute relation entre deux personnes, la relation d’allaitement ne peut pas toujours être au beau fixe; elle n’échappe pas aux fluctuations d’humeur, d’énergie; il y a des hauts et des bas.
Parlons donc des éléments pouvant expliquer cette impression de manquer de lait. Toutes les fausses alarmes citées ci-dessous ne seront pas vécues par toutes les mères, heureusement. Cependant, une mère avisée en vaut deux!
Le mythe du « lait maternel insuffisant »
Une étude de Whitehead (1985) concluait que beaucoup de mères ne penvent pas produire assez de lait pour couvrir les besoins énergétiques d'enfants de plus de 4 mois. Mais est-il exact que les bébés allaités voient augmenter à ce point leurs besoins vers cette date ? Nombre des bébés de cette étude recevaient des compléments à partir de 3 mois, et la sécrétion lactée maternelle baissait. Cela ne veut toutefois pas dire que la sécrétion maternelle devient inadéquate à partir de 3 mois ; cela peut tout simplement signifier qu'elle baisse progressivement quand l'on donne des compléments au bébé. Une étude récente (Cohen, 1994) a montré que l'introduction des solides chez des enfants âgés de 16 à 26 semaines n'avait aucun impact sur leur croissance ou leurs apports énergétiques. Il semble donc abusif de définir un âge arbitraire comme seul facteur permettant d'affirmer que le lait maternel ne suffit plus à lui seul à couvrir les besoins d'un enfant.
Des enfants plus résistants
Depuis longtemps, on sait que les enfants nourris au sein sont plus résistants aux infections (gastro-entérites, otites, etc.) que les autres. Plusieurs dispositifs immunologiques et non immunologiques s'opposent à la prolifération microbienne dans le lait maternel. Les immunoglobulines sont des protéines douées d'une activité anti-infectieuse : on a identifié dans le lait de femme un grand nombre d'anticorps spécifiques (immunoglobulines sécrétoires de type IgA, IgG et IgM) palliant leur absence transitoire au niveau des cellules intestinales du nouveau-né et du nourrisson. Ces anticorps sont dirigés contre les staphylocoques, les streptocoques, les pneumocoques, etc. Ils sont en rapport évidemment avec les infections contre lesquelles la mère a été vaccinée (polio, tétanos...) ou s'est spontanément immunisée. Leur action est purement locale au niveau de l'intestin. Des cellules immunitaires intactes (lymphocytes B et T, macrophages, leucocytes) se trouvent dans le lait ainsi que des facteurs stimulants de l'immunité (nucléotides). Des facteurs non immunologiques sont également présents : lactoferrine, lactoperoxydase, lysozyme, facteurs antiviraux, enzymes (lipases), analogues de récepteurs piégeant les bactéries pathogènes, facteurs de croissance (EGF) etc. La lactoferrine inhibe la croissance de plusieurs micro-organismes, exerce une action bactéricide sur certains germes et fixe le fer indispensable à la croissance bactérienne.
Ce dispositif immunologique est doublé d'un dispositif biologique. Les produits de digestion du lait humain sont caractérisés par un taux élevé de lactose, une concentration protéique faible et une basse teneur en phosphore. Cela explique d'une part la rapidité du transit intestinal et d'autre part l'importance des résidus acides dans le colon. Un tel milieu acide a un effet bactériostatique sur les germes Gram négatif et favorise la croissance du lactobacillus bifidus. Le lait humain contient une protéine, l’alpha-lactalbumine, qui constituerait un agent antitumoral puissant.
Création des liens affectif entre la mère et l'enfant
L'allaitement est un moment d'échanges privilégié entre la mère et son enfant qui renforce les liens affectifs. De nombreux psychologues insistent sur l'importance de l’allaitement sur le comportement psychoaffectif du nourrisson. D'ailleurs, la physiologie de la lactation dépend de ces liens affectifs. La succion du mamelon déclenche au niveau de l'hypophyse de la mère la sécrétion de prolactine (réflexe somatique) qui détermine la sécrétion lactée. La succion dans une ambiance affective et confortable déclenche la sécrétion posthypophysaire d'ocytocine (réflexe psychosomatique) qui est responsable de l'éjection du lait. Selon que le comportement de la mère est dominé par l'anxiété ou la confiance, ces réflexes seront perturbés ou favorisés. En matière de psychologie, il faut savoir ne pas être exclusif et dogmatique : il est évident que mieux vaut allaiter avec plaisir qu'avec peine !
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